Accueil - Semaine du 16 avril 2008
 Les critiques, les pièces de théâtre à Paris
sortir à Paris avec Figaroscope.fr
 
DR
Le Banc
Chevallier et Laspalès mal assis

JEAN-LOUIS PINTE


Gérald Sibleyras est un de ces nouveaux auteurs qui ont donné à ce qu’on appelle le théâtre de boulevard une autre tonalité, un autre esprit, loin de certaines facilités. L’écriture est simple, les situations non dépourvues d’un certain humour. L’homme visiblement aime les comédiens. Il leur taille des rôles à la mesure de leur personnalité. Que ce soit Pierre Arditi, Catherine Rich ou Patrick Chesnais. Là, avec Le Banc, il se glisse dans les pas et l’esprit de deux comiques qui ont leur propre univers, Chevallier et Laspalès. Deux gugusses, deux compères qui ont fait un style de leur différence de ton et d’allure. L’un faussement étourdi, presque benêt, l’autre plus ramenard, un brin agaçant, mais sur le fond toujours complices. Dans cette nouvelle pièce de Gérald Sibleyras, ils sont amis et jouent du piano à quatre mains, et cela depuis des lustres. On les surprend à un moment où ils se rendent dans une fondation au coeur des Alpes pour se ressourcer. L’endroit est idyllique. Leur séjour va l’être moins. Toutes les rancoeurs qu’ils ont accumulées au cours de leur carrière remontent à la surface. Ils ne se supportent plus. Et le fameux banc de pianiste est la métaphore de leur collaboration qui se délite. Il se rétrécit jusqu’à disparaître.

Sur les planches
Chevallier et Laspalès ont débuté ensemble au théâtre en 1982 dans Pas de fantaisie dans l’orangeade. Mais le grand succès a lieu quinze ans plus tard avec Ma femme s’appelle Maurice de Raffy Shart qu’ils jouent pendant deux ans. Avec Monsieur chasse de Feydeau, ils se lancent dans le vaudeville classique. Ce qui leur réussit moins bien. Mais ils retrouvent leur univers et leur verve dans Déviation obligatoire pièce écrite à deux. Séparément, Régis Laspalès a joué Landru de Laurent Ruquier et Philippe Chevallier Ce soir ou jamais de Bruno Chapelle et Philippe Hodara.

CRITIQUE. Si l’idée de départ n’est pas très originale, elle est dans un premier temps efficace. Elle permet au duo de comédiens de s’en donner à coeur joie. Les dialogues sont savoureux et chacun s’en empare pour en tirer toutes les saveurs. Il y a sous lesmots une certaine ironie, teintée d’une méchanceté que l’on sent prête à éclater.Mais hélas, la pièce s’arrête là. Très vite l’affrontement entre les deux pianistes devient répétitif et l’action fait du surplace. Pire, il y a unmoment où l’on se prend à bâiller. L’intérêt s’est évaporé dans les cimes des Alpages qui servent de décor. Dommage, parce que Chevallier et Laspalès fontmerveille dans leur affrontement. L’un, Laspalès, avec ses grosses chaussures de marche et ses bonnets jacquard, faussement bonhomme, l’autre plus distant, méprisant presque. Et il y a leur voix. Une vraiemusique. Chaque intonation donne une intensité presque irréelle auxmots. Plus particulièrement avec Laspalès. Son jeu, son personnage en deviennent surréalistes. Mais la partition est faible.

Théâtre Montparnasse, 31, rue de la Gaîté (XIVe). Tél. : 01 43 22 77 74. Horaires : du mardi au vendredi à 20 h 30, samedi à 18 heures et 20 h 30. Durée : 1 h 30. Jusqu’au 31 mai. Places : 10 à 48 €.

Trouver une Baby-sitter  Réserver vos places  Envoyer cet article  Imprimer cet article

  TOUTES LES PIECES DE LA SEMAINE     L'ANNUAIRE DES THEATRES ET SALLES DE SPECTACLES

Liens Sponsorisés