Accueil - Semaine du 09 avril 2008
 Les critiques, les pièces de théâtre à Paris
sortir à Paris avec Figaroscope.fr
 
Richard Vialeron/Le Figaro
Au revoir parapluie
Une rafale de beauté

JEAN-LOUIS PINTE


Avec lui, le cirque a pris une autre allure, plus onirique, plus enchantée, plus mystérieuse aussi. James Thierrée crée des spectacles où la poésie et l'esprit baroque se rencontrent pour tresser des songes fous. Harmonie lumineuse dans laquelle entre une sorte de mélancolie joyeuse qui fait de chaque instant un éclat de bonheur. Le jeune homme a de qui tenir. Son père, Jean-Baptiste Thierrée, avait quitté le cinéma où il jouait dans les films d'Alain Resnais pour créer avec Victoria Chaplin le cirque Bonjour. Oui ! James Thierrée est le petit-fils du grand Charlot. Un enfant de la balle qui débute sur la piste à 4 ans. Il fait partie des gens du voyage et va, au fur et à mesure, pratiquer l'acrobatie et le violon. Ce qui va lui donner une étonnante maîtrise de son corps, tout en mouvement, comme si la danse était innée en lui. Parfois il a l'allure dandinante et chaloupée de Charlot. James Thierrée est aussi doublé d'un conteur. Pas de paroles. Des images uniquement. C'est dans cet esprit-là qu'il a étonné et séduit avec ses deux premiers spectacles, La Veillée des Abysses et La Symphonie du hanneton. En digne héritier du théâtre de foire il mariait dans ces spectacles le cirque, la danse, le théâtre, le mime, le chant ou encore la musique. Dans le même esprit, il propose aujourd'hui Au revoir parapluie, un spectacle qu'il avait déjà proposé l'année dernière.

CRITIQUE. Les représentations paraissaient alors encore très fragiles, pas toujours abouties. Bref, la magie était là, mais pas l'exaltation. Une certaine lenteur parasitait la beauté des images, leur puissance onirique. En un an tout s'est rodé. James Thierrée a procédé par petites touches avec sa troupe et sous le regard de sa mère Victoria. Orphée est toujours là qui cherche son Eurydice. Un Orphée moderne, dans le monde d'aujourd'hui. Une épopée digne de Peer Gynt où chaque élément de la nature devient prétexte à fantaisie, à dérive dans un univers irréel. Le voici perché dans un écheveau de cordes, en équilibre sur une sorte de fauteuil, chevauchant une drôle de machine qui traîne un champ de blé. James Thierrée, par sa malice et son sens inné de la poésie, est un peu le Cocteau d'aujourd'hui. un Cocteau qui aurait lu Swift.

Théâtre de la Ville, 2, place du Châtelet (IVe). Tél. : 01 42 74 22 77. Horaires : tlj sf lun à 20 h 30, dim à 15 h. Durée : 2 heures. Jusqu'au 27 avril. Places : 12 à 23 eur .

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