Accueil - Semaine du 16 janvier 2008
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Ballets de Lyon et de Lorraine
Sans oeillères

ARIANE BAVELIER


Le Ballet de Lyon et le Ballet de Lorraine comptent parmi les plus fameux de France. Ils tiennent leur réputation de l’excellence de leur trentaine de danseurs, tous de formation classique, conjuguée à la curiosité de leurs directeurs, respectivement Yorgos Loukos à Lyon et Didier Deschamps à Nancy. En témoignent leurs programmes pour cette venue parisienne : le Ballet de Lorraine sera à Créteil avec une création de Michèle Noiret, chorégraphe belge formée chez Béjart puis danseuse dans l’Orchestre de Stockhausen et qui a créé, en 2005, pour l’Opéra de Paris une belle pièce intitulée Les Familiers du Labyrinthe. Et il reviendra au Châtelet ce printemps avec les classiques Noces de Nijinska enchaînées à celles décoiffantes de Tero Saarinen. Quant au Ballet de Lyon, il est au Théâtre de la Ville avec deux ballets emblématiques de sa singularité : Enemy in the Figure, deWilliam Forsythe, et Superstars, de Rachid Ouramdane. « Voilà un moment que je cherche à briser l’opposition établie entre la danse néoclassique supposée ringarde et les créations branchées. La compagnie pratique les deux. Jiri Kylian,WilliamForsythe, Mats Ek, Trisha Brown sont à Lyon comme chez eux : ils y viennent tous les ans faire travailler la compagnie », dit Yorgos Loukos, rappelant que c’est Forsythe lui-même, quittant le Ballet de Francfort avec le souci demettre son répertoire en lieu sûr, qui a décidé de confier au Ballet de Lyon Limbs Theorem, d’où est extrait Enemy in the Figure. « Parallèlement, j’invite des chorégraphes très branchés comme Christian Rizzo, Jérôme Bel ou Rachid Ouramdane : ils partagent une conscience profonde dumouvement et de l’espace et travaillent davantage comme des plasticiens que comme des chorégraphes. » Pour Superstars, Rachid Ouramdane a interviewé les danseurs du Ballet de Lyon. Très jeunes – lamoyenne d’âge de la compagnie est de 25 ans –, ils appartiennent à quatorze nationalités différentes. Chacun a raconté pourquoi il est devenu danseur devant la caméra d’Ouramdane. Celui-ci a sélectionné sept d’entre eux, d’après le pittoresque de leur parcours, et leur a demandé de s’inventer un solo, qu’accompagne un guitariste en live.

Les duos à l’honneur
À Créteil, le Ballet de Lorraine donnera trois duos. Two de Russel Maliphant, Broken Man de Stephen Petronio et surtout De deux points de vue, tout juste créé par Michèle Noiret pour la compagnie. Cette pièce de 45 minutes, très cinématographique, met en place une captation en temps réel des mouvements des danseurs. Elle conte les états d’âme d’un couple vu de l’intérieur avec une intensité de thriller.

FAUT-IL Y ALLER ? Oui d’autant que les programmes présentés captivent. Celui du ballet de Lyon s’articule très bien : « Enemy in the figure », véritable bombe à la chorégraphie très écrite et diablement virtuose, contraste avec « Superstars » pièce intimiste où les danseurs se dévoilent en tant qu’humains. Quant au Ballet de Lorraine, il joue, avec Michèle Noiret, la carte de la subtilité.

Ballet de Lyon au Théâtre de la Ville : place du Châtelet (IVe). Tél. : 01 42 74 22 77. Du 22 au 26 janvier, à 20 h 30. Places : 13,50 à 26 €. Ballet de Lorraine à laMAC : place Allende à Créteil. Tél. : 01 45 13 19 19. Les 18 et 19 janvier, à 20 h 30. Places : 8 à 20 €.

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