Accueil - Semaine du 09 janvier 2008
 Les critiques, les operas et la danse à Paris
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Suresnes Cités danse
Un nouvel élan

ARIANE BAVELIER


Six créations, 31 représentations, 60 danseurs, Suresnes Cités danse ne se repose pas sur ses lauriers. D’autant que la programmation est des plus ambitieuses : Sébastien Le François invente un « Roméos et Juliettes » sur une création symphonique de Laurent Couson ; Emanuel Gat, nouveau prodige de la chorégraphie, crée sa première pièce pour 5 danseurs hip-hop ;Marie-Agnès Gillot, étoile de l’Opéra de Paris, reprend son très beau « Les Rares Différences »… Créée voici seize ans, cette manifestation avait à l’origine unemission pionnière : guider les danseurs hip-hop, virtuoses de la rue, jusque dans les salles de spectacles. Ce qui supposait de leur faire rencontrer des chorégraphes pour leur enseigner l’art de structurer une pièce, et les ressources (musique, lumière…) d’une scène. Seize années après, le bilan est riche : de ces rencontres sont nés des hits de la diffusion chorégraphique signésMontalvo Hervieu, Blanca Li ou Denis Plassard ; et les danseurs des premières heures sont devenus des chorégraphes. « Il reste encore beaucoup à faire », dit OlivierMeyer qui vient de créer « Cités danse connexion », avec l’aide de la ville de Suresnes et du conseil général des Hauts-de-Seine, rares tutelles à avoir compris, en ces années où les banlieues ont le blues, à quel point il est primordial de soutenir les jeunes lancés dans un projet. Ce centre permettra d’accompagner la création hip-hop : studios à disposition, aide à la diffusion, à lamise en scène…« Le théâtre remonte à l’antiquité. Le hip-hop a 20 ans. Ces deux entités n’avaient aucune vocation à se rencontrer et pourtant, la pérennité du hip-hop passe par l’appropriation des acquis du théâtre. Cités danse connexion est là pour faciliter cet échange », dit Sébastien Le François, chorégraphe associé pour deux ans à cette nouvelle structure et qui compte bien nourrir avec ses acquis la programmation de Suresnes Cités danse.

Emanuel Gat : «Le travail comme un jeu »
« Ce qui me frappe chez ces danseurs, c’est leur joie de danser. Elle est perdue dans le monde professionnel. Là, le moindre travail est perçu comme un jeu. J’espère que ça restera perceptible dans la pièce », dit Emanuel Gat. Le chorégraphe israélien compose avec les figures que lui proposent les danseurs au lieu de leur imposer sa gestuelle. Il leur impose par contre Xenakis : « Même si je crée la pièce en les faisant danser sur toutes sortes de musique, je voulais qu’au final la danse ne s’appuie pas sur une musique rythmée par un beat. »

FAUT-IL Y ALLER ? Évidemment. Pour la diversité des propositions, la belle énergie du hip-hop et aussi parce que, comme les danseurs de l’Opéra aiment à le souligner, le langage hip-hop est la nouvelle forme de danse virtuose qui s’invente aujourd’hui.

Théâtre Jean-Vilar de Suresnes : 16, place Stalingrad du 12 janvier au 6 février. Tél. : 01 46 97 98 10. Places : 20 €, jeunes 15 €. Forfait trois spectacles : 42 €, jeunes 27 €. Navette gratuite angle place de l’Étoile-av. Foch, tous les soirs 45 minutes avant le spectacle.

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