« Le Sous-sol »
Peeping Tom aux enfers

ARIANE BAVELIER (mercredi 12 septembre 2007)
C'est Alain Platel qui leur a donné le virus lors de la création de Iets op Bach : chercher soi-même ses danses, ses caractères, ses personnages. Depuis, ils ne se sont plus quittés. Gabriella Carizzo, Frank Chartier et Samuel Lefeuvre, rassemblés sous la bannière de la compagnie Peeping Tom (« voyeur » en anglais), ont successivement signé Le Jardin, Le Salon et Le Sous-sol qu'on va découvrir aux Abbesses : « Dans cette pièce, nous sommes tous enterrés et évoluons dans un monde de la mort que nous avons inventé à partir
de règles précises : les morts adorent revivre les moments clés de leur existence, retrouvent à 80 ans leurs conjoints disparus à 25 ans, etc., dit Franck Chartier. Virtuosité de la danse, scènes déjantées et violentes, folie pure, gravité aussi : les ingrédients qui ont fait le succès
de Peeping Tom sont toujours là, promet le chorégraphe : « Notre danse est hyperréaliste. Le mouvement n'est pas là pour être joli : il sert de parole à chacun et touche à toutes sortes d'émotions », dit-il. Le Sous-sol baigne dans la musique de Schnittke la plus oppressante.
« Le monde des morts est dictatorial », dit Franck Chartier. Pour la création, deux personnages se sont joints au trio : Eurudike de Beul, mezzo-soprano, déjà présente dans
Le Salon et Maria Otal, 80 ans, naguère danseuse de butô.
FAUT-IL Y ALLER ?
Oui, en espérant que, comme dans leurs précédentes pièces, les Peeping Tom touchent en plein coeur avec leur danse théâtre décapante.
Théâtre des Abbesses : 31, rue des Abbesses (XVIIIe)
Dates : 12 au 16 septembre
Location : 01 42 74 22 77
Places : 23 à 12 eur
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