Accueil - Semaine du 20 juin 2007
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Martine Archambault/ Le Figaro
« La Fille mal gardée »
Un bonbon anglais

ARIANE BAVELIER (mercredi 20 juin 2007)


Frederick Ashton et Kenneth Mac Millan sont les deux piliers du ballet anglais. Si le second a chorégraphié L’Histoire de Manon, dansé par le Ballet de l’Opéra de Paris depuis une quinzaine d’années, le premier n’y est pas dignement représenté. On se réjouit donc de l’entrée au répertoire de sa version de La Fille mal gardée, écrite en 1960 et couronnée par un succès assez foudroyant pour être encore, quarante-sept ans plus tard, à l’affiche dans 36 théâtres sur les cinq continents. « Tamara Karsavina avait conseillé à Ashton de créer une version de la Fille. Comme Anna Pavlova et toutes les grandes ballerines, elle avait adoré danser ce ballet créé par Jean Dauberval avant la Révolution française. Ashton avait hésité, car on lui reprochait de créer des ballets simplement charmants ; La Fille allait l’obliger à en commettre un de plus », dit Alexander Grant, principal dancer au Royal Ballet de 1946 à 1976 et à qui Ashton a confié les droits de La Fille. Le sujet va si bien au chorégraphe anglais qu’il remporte, avec cette « comédie romantique », un succès critique et public mémorable. Il faut dire qu’il confie costumes et décors à Osbert Lancaster, célèbre caricaturiste de presse, qui pare la ferme de Colas et Lise d’une inénarrable basse-cour masquée. « Le style Ashton, c’est une extrême musicalité, un art consommé dans la manière de camper les personnages pittoresques, la clarté absolue de la narration : si la chorégraphie donne les clés des personnages, Ashton voulait que les danseurs révèlent leur propre vitalité et leur fraîcheur dans le mouvement », dit encore Alexander Grant qui met son point d’honneur à faire appliquer la chorégraphie originale. « Cela a l’air si facile ! Et pourtant : il faut, pour danser Ashton, cette liberté de la tête, des bras et des épaules, et ce travail de bas de jambe empruntés à Nijinska qu’Ashton admirait. Il avait dansé ses pièces à Paris lorsqu’elle chorégraphiait pour la compagnie d’Ida Rubinstein, transfuge des Ballets russes. Ashton exigeait aussi ce pas chassé de la vieille école italienne de Cecchetti : il s’exécute avec le talon et non la pointe du pied. Les danseurs aujourd’hui ont un mal fou à le faire ! »

FAUT-IL Y ALLER ? Évidemment, surtout que La Fille mal gardée est l’occasion du retour de Dorothée Gilbert dans un rôle de premier plan. Cette première danseuse, qui revient d’un long congé, est un des plus solides espoirs du Ballet de l’Opéra. Cerise sur le gâteau, Nicolas Le Riche danse Colas. Espérons que l’Opéra inscrira aussi un jour à son répertoire Un mois à la campagne, l’autre chef-d’oeuvre d’Ashton.

Palais Garnier : place de l’Opéra (IIe) Dates : 22 juin au 14 juillet à 19 h 30, le 15 à 15 h 30 Location : 0 892 89 90 90 Places : 6 à 80 €

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