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| Les costumes très inventifs de cette « Belle » signent la première collaboration de Philippe Guillotel avec les Ballets de Monte-Carlo.
Laurent Philippe |
Jean-Christophe Maillot
« La Belle, ludique et cynique à la fois »

PROPOS RECUEILLIS PAR ARIANE BAVELIER (mercredi 6 juin 2007)
Chorégraphe directeur des Ballets de Monte-Carlo depuis 1993,
Jean-Christophe Maillot a conduit sa compagnie dans les plus grandes capitales du monde, à l’exception de Paris. Il y vient enfin, à l’invitation de Jean-Luc Choplin, directeur du Châtelet, et choisit d’y présenter sa Belle créée en 2001 et donnée une
centaine de fois.
Que dire de neuf avec ce conte, bestseller dans le monde du ballet depuis Marius Petipa ?
Le ramener au texte initial de Charles Perrault qui n’a que lointainement à voir avec le ballet sucré, plein de joie et de
bonheur, de Marius Petipa. Dans Perrault, la mère du prince est une ogresse qui veut dévorer la Belle et ses enfants. Elle a élevé le prince sans épanchements alors que la Belle a grandi dans une bulle, étouffée par l’amour de ses parents. Perrault
indique aussi que pour que le prince puisse devenir adulte, sa mère doit mourir.
Quelle lecture en donnez-vous ?
L’une très ludique, enchanteresse, soulignée par les costumes de Philippe Guillotel, jusque-là connu comme le couturier de Philippe Decouflé, avec qui nous collaborions pour la première fois. L’autre, plus grave, interroge l’âge adulte de manière
cynique et psychanalytique.
Vous redécoupez la partition, éliminant une partie de la musique de Tchaïkovski pour ajouter des extraits de Roméo et Juliette. Pourquoi ?
Comme chorégraphe élevé dans la danse classique, il m’a semblé très difficile de réécrire une Belle, tant cette musique
suscitait en moi, de manière réflexe, les variations de Petipa. La musique m’a aidé à en sortir. Dans La Belle, il y a une
heure et quart de musique symphonique sérieuse. Par contre, il y a une analogie entre la situation de la Belle et de Juliette,
deux jeunes filles qui découvrent l’amour et qui ont des relations lourdes avec leurs parents.
Depuis La Belle, Philippe Guillotel et vous ne vous êtes plus quittés. Quels sont vos projets ?
Un ballet sur Faust pour Noël. Et, pour tout de suite, la cérémonie d’ouverture des Jeux des petits États, réservés aux
États de moins d’un million d’habitants. Nous nous amusons beaucoup : ce sera sur le thème de l’écologie.
Châtelet : place du Châtelet (Ier)
Dates : 11 au 14 juin à 20 heures
Location : 01 40 28 28 40
Places : 10 € à 60 €
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