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Maria Pagès revient à Chaillot avec « Volver a Sevilla » une pièce pour 16 danseurs. DR
Maria Pagès
« Le flamenco m’intéresse pour sa géométrie »

PROPOS RECUEILLIS PAR ARIANE BAVELIER (mercredi 18 avril 2007)


Formée chez Rafael Aguilar, Mario Maya et Antonio Gadès,Maria Pagès revient à Chaillot pour présenter « Volver a Sevilla » une pièce pour seize danseurs et six musiciens rythmée par les grands poètes de la péninsule Ibérique.

Pourquoi cette pièce dédiée à Séville ?

C’estma ville : j’y ai passé trente ansdema vie. Et tout le monde, depuis mon arrivée à Madrid, il y a huit ans, me surnomme toujours « Sevilla ».Créer cette pièce me donnait l’occasion d’accomplir un voyage à travers les souvenirs et les sentiments qui m’ont façonnée comme artiste et créatrice.

Dans cette pièce, vous évoquez l’Alcazar, la Feria, la semaine sainte, la Giralda, et pourtant vous n’êtes pas du genre à signer des chorégraphies de carte postale…

Nos traditions nous façonnent. À Séville, chacun vit dans l’attente de la semaine sainte parce que dans toutes les familles quelqu’un participe à ses processions.Ma mère, par exemple, repasse les costumes de la Vierge. De même, chacun se promène dans les jardins de l’Alcazar à l’affût de recoins bien dissimulés pour bercer ses rêves et sa solitude. C’est de tout cela dont j’ai voulu retrouver l’émotion, la musique, le rythme.

Par exemple ?

J’ai écrit une lente solea sur un poème de José Saramago inspirée par cette vision de l’Alcazar, une pièce qui parle de l’espoir, des oiseaux, de cette sensation de sérénité poétique qu’on ressent à Séville. Et un solo où je suismi-toromi-toreroqui traduit m afascination des arènes.

On dit que le flamenco naît de l’expression de sentiments personnels.Comment réussissez- vous à chorégraphier pour d’autres ?

Je laisse un territoire à chaque danseur : son interprétation. Est-ce parce que je suis la fille d’un professeur de mathématiques, ce qui m’intéresse dans le flamenco, c’est sa géométrie : les lignes et le tracé de la danse de l’espace. C’est là qu’on atteint au sommetde cet art. Danser en solo pour exprimer ses sentiments est à la portée de chacun.

Pourquoi avoir quitté Séville, qui est la terre du flamenco ?

C’est là qu’est née ma vocation : j’ai su depuis l’enfance que je serais danseuse. Mais on m’a proposé une résidence dans un théâtre proche de Madrid : je sensibilisais les publics à la danse et en échange j’avais un lieu où travailler. L’expérience a si bien réussi qu’aujourd’hui la communauté de Madrid a proposé à huit autres compagnies lemême type d’expérience !

Chaillot : place du Trocadéro, (XVI°) Dates : du 25 au 29 avr. à 20 h 30, dim. à 15 h 30 Loc. : 01 53 65 30 00 Places : 33€, TR 27 et 17€

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