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Arielle Dombasle : «Les gens m’ont adoptée»

Par Geneviève JOUBLIN (mercredi 18 mai 2005)
Amor Amor, 300 000 CD vendus où Arielle Dombasle de sa voix justement posée reprend les grands standards latino américains. Après cinq soirs au Bataclan, une tournée en province qui après une cinquantaine d’étapes se terminera en janvier prochain Arielle attaque l’Olympia. Rendez-vous avec une grande blonde dans son quartier le VIIe, chez Gaya, rue du Bac, où elle vient déjeuner en voisine. Elle ôte ses lunettes noires et aimablement, simplement, raconte la scène, la tournée en province, et sans qu’on lui ait rien demandé rectifie son image. Finalement vous êtes chanteuse ? Je suis plus chanteuse qu’actrice, j’ai toujours voulu donner des concerts, chanter sur scène. Je cultivais le chant comme un jardin secret dans mon coin et aujourd’hui je me sens prête. Vous avez mis du temps pour oser monter sur scène chanter votre répertoire ? J’avais peur. Le chant c’est d’abord une technique qu’il faut maîtriser. J’y ai beaucoup travaillé. Mais surtout la voix c’est le coeur mis à nu, ce qu’on est profondément. Dans le chant, on raconte tout, y compris son passé douloureux. Comme si jusqu’à présent je n’avais pas abouti à l’expression de ce que je suis. J’avais de multiples façons de me cacher. Alors Amor Amor, c’est vous plus que tout ce que vous avez fait auparavant ? C’est la concrétisation d’un rêve où je ne compte que sur moi, une différence radicale avec le cinéma. On est seul en scène devant le public. Et la nouveauté c’est que pour la première fois je chante des airs populaires dans ma langue, celle de mon enfance au Mexique. Quand petite j’entendais mes parents parler français, j’imaginais que c’était la langue que l’on parlait au château de Versailles, pas la mienne. Vous écoutez quoi ? qui ? J’écoute les voix de femmes : Victoria de Los Angeles, Montserrat Caballe, Callas, Renée Fleming, Nathalie Dessay, Madonna. Je ne vais pas à l’opéra, car les récitatifs m’ennuient, j’ai trop envie d’entendre les airs que j’aime. Chez moi, je peux les passer en boucle. Je ne pourrais pas vivre sans musique. Remplir l’Olympia, vendre 300 000 disques, faire chanter le public dans les salles de province, c’est ça le succès ? C’est un miracle. Au fond, je me disais qu’un jour ce miracle s’opérerait, qu’il y aurait adéquation entre ce que je voulais être et ce que je fais. Qu’on m’aimerait pour de bonnes raisons. Je voulais tant m’identifier à mes rêves d’enfance, chanter sur scène. Vous avez eu le trac d’aller chanter dans des villes de province ? Partout j’ai le coeur qui bat. À Paris c’est différent, c’est un peu ma ville, mais en province je ne connais personne, j’ai peur de la salle vide : et s’ils n’allaient pas venir (elle touche du bois) et ils viennent, parfois de loin, ils prennent la peine de se déplacer, de trouver une place de parking. Je suis enchantée de cette rencontre avec le public. D’une ville à l’autre le bouche à oreille fonctionne très bien sur le mode : « J’ai une amie qui est allée vous voir à Toulouse elle vous a trouvé formidable, alors on est venu. » Vous rencontrez quel public ? Toutes sortes de public. Certains connaissent l’album, d’autres le répertoire, d’autres rien, ils viennent voir une personne..., les petites filles viennent admirer mes robes. En province, les gens sont intimidés. Ils ne savent pas très bien à quoi s’attendre, ils sont un peu éberlués par le spectacle, par l’ambiance films noirs, Hollywood. Et puis l’émotion passe, et ils reprennent en choeur Besame Mucho. Je me sens bien adossée à mon groupe, à mes musiciens. Je les aime beaucoup. Ce look très glamour, robe longue, blondeur ondulée, c’est votre choix ? C’est du sur mesure ? C’est la stylisation, le concentré de mes héroines : Carmen Miranda, Marylin Monroe, Lana Turner... c’est Gene Tierney, dans le rôle de Laura d’Otto Preminger. Toutes des icones de beauté. C’est la restitution d’un âge d’or celui des stars d’Hollywood des années 40. Vous êtes très à l’aise dans ce rôle... C’est l’image d’une féminité dont je suis nostalgique, celle des femmes vouées à l’amour. La pochette du CD et l’ambiance sur scène, c’est exactement ce que je voulais, des images très belles en noir et blanc. Je recrée un idéal et c’est beaucoup de travail. Vous n’êtes pas très mode ? Si je m’écoutais, je porterais des robes longues toute la journée. Rien ne me semble difficile dans ce genre de tenue, je me sens moi-même. Je fais un effort pour m’adapter à l’époque. Évidemment, aujourd’hui, dire que l’on admire saint Ignace de Loyola cela ne rencontre pas un grand écho mais je suis pétrie de cela, de cet univers du dolorisme, du catholicisme mexicain. J’aime les fêtes, les processions. Mes grandes héroïnes, ce sont : Marguerite Youcenar, Anna Karenine, mais aussi sainte Thérèse de Lisieux et la Vierge Marie. Ce n’est pas très mode. Cela ne cadre pas avec l’image de sophistication ou de superficialité que l’on a de vous ? J’ai souvent été très blessée par la manière réductrice dont on parlait de moi, de mes rôles. Je déteste les clichés, je déteste quand on se limite à l’apparence. Mais les gens me perçoivent, je crois, mieux qu’avant. J’ai été adoptée. Je suis moins la poupée Barbie. Vous avez des regrets ? Je regrette de ne pas avoir été assez sélective dans le choix de certains de mes rôles, et encore...
Bio express 1980. Pauline à la plage, d’Éric Rohmer 1986. Le Maire, l’arbre et la médiathèque,d’Éric Rohmer, avec Fabrice Luchini, Pascal Greggory 1988. Cantate 78, Bach Magnificat, Bach 1989. The Blue Villa, d’Alain Robbe-Grillet, avec Steve Ward 1992. Miroslava, d’Alejandro Pelayo, avec Pedro Armendaris 1996. L’Ennui, de Cédric Kahn avec Charles Berling 2003. La Belle et la toute petite bête, mise en scène par Jérôme Savary 2002. Les Ames fortes, de Raoul Ruiz avec Laetitia Casta, John Malkovitch 2003. Extase (double disque d’or) 2004. Amor, Amor (disque de platine), des concerts au Bataclan à l’Olympia et une tournée en France. Ses adresses
Loulou de la Falaise, rue de Bourgogne (VIIe) pour les bijoux, pantalons et twinsets. Pour son Ambre, L’Artisan parfumeur, 24, bd Raspail (VIIe). Pour les meilleurs crayons, les couleurs les plus fines, les carnets de dessins, aquarelles et pastels tendres, Sennellier 3, quai Voltaire (VIIe). Pour ses bouquets, Au nom de la rose, 46, rue du Bac (VIIe). Pour l’heure du thé, Les Nuits des thés, 22, rue de Beaune (VIIe), et le bar de l’hôtel Montalembert, 3, rue de Montalembert (VIIe). Pour le dîner : Atelier Robuchon, 5, rue de Montalembert (VIIe). Gaya rive gauche, 44, rue du Bac. Aux fins gourmets, 213, bd Saint-Germain (VIIe). Pour ses expos, pour déjeuner, la Maison de l’Amérique latine, 217, bd Saint-Germain (VIIe).
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