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| L'exposition se déroule au musée du Louvre jusqu'au 2 juin.
François Bouchon/Le Figaro |
Expos
Babylone, la vraie

JEAN-LOUIS PINTE
Babylone. Le nom fait rêver, porteur de toutes les utopies et de tous les fantasmes. Il évoque autant Sémiramis que les jardins suspendus, Nabuchodonosor, qui sacre la gloire de la cité et sa décadence, cette capitale d'empire qui fut un des plus grands centres culturels et religieux de l'antique Mésopotamie. Ce « pays-entre-fleuves » comme on l'appelait, étendu entre le Tigre et l'Euphrate, est situé dans une région qui correspond aujourd'hui à l'Irak. Babylone naît au début du XVIIIe siècle avant J.-C. Son rayonnement est immense surtout par la diffusion de l'enseignement des scribes. La langue babylonienne est autant langue de culture que de diplomatie. Mais c'est Nabuchodonosor II qui va donner à Babylone une dimension mythique. D'abord en dissolvant l'empire assyrien et en prônant un nouveau nationalisme. La cité devient le centre du monde. L'architecture s'y déploie avec
une imagination jamais égalée, rien n'est assez beau, rien n'est assez grand. La déesse Ishtar impose sa loi. Les monuments s'ornent de symboles animaliers, comme le dragon, le taureau. Et c'est là que s'élèvera la célèbre tour de Babel en forme de ziggourat (tour à étages). Mais il y a aussi un revers pour Babylone lorsque le peuple de Jérusalem y est déporté après avoir été vaincu. L'empire s'abîme dans le stupre et la corruption. Les artistes ne s'y sont pas trompés qui ont surtout gardé de Babylone cette image d'enfer détruite par la luxure et les flammes.
CRITIQUE.

L'exposition commence dans un climat un peu austère avec tous ces fragments d'écriture sur argile, textes qui codifient la société, qui sont autant de contrats, de correspondances, d'édits qui inscrivent Babylone dans un monde moderne. Puis ce sont les premières statuettes dont celle dite « l'Adorant de Larsa », figurine en bronze au masque de visage théâtral plaqué or. Mais c'est avec l'interprétation que certains artistes ont donné de Babylone que l'exposition passe du sérieux qui sied à l'archéologie à une sorte de folie créative. Bien sûr, il y a le tableau exemplaire de Bruegel l'Ancien, jusqu'à déformer encore aujourd'hui notre propre vision de Babylone tant elle est symboliquement forte. Mais il y a plus amusant avec le projet de monument à Haroun al-Rachid de l'architecte américain Frank Lloyd Wright. Une sorte de compromis entre la statue de la Liberté et les ziggourats. Babylone n'en finit pas de faire rêver.
Musée du Louvre, 99, rue de Rivoli (1er). Tél. : 01 40 20 53 17. Horaires : tlj sf mardi de 9 h à 18 h, mercredi et vendredi jusqu'à 22 h. Jusqu'au 2 juin. À lire : Cat. Éd. Hazan, 42 eur ; « Babylone à l'aube de notre culture », par Jean Bottéro, Éd. Découvertes/Gallimard, 13,50 eur .
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